Kitsuné Tabloid Par Phoenix - disponible le 30 mars
Kitsuné donne carte blanche aux garçons du groupe Phoenix pour une compilation événement de raretés qui ont changé leur vie. Voici donc le disque le plus sentimental et mélodique jamais sorti chez Kitsuné, sans doute aussi le plus érudit et le plus antique avec des perles qui datent des années 50. Un disque comme un cadeau musical élégant de l’un des plus grands groupes français en prémices de la sortie de leur nouvel album Wolfgang Amadeus Phoenix le 25 mai. Thomas Mars (TM) et Laurent Brancowitz (LB) expliquent leurs choix très précis en écoutant la compilation dans un café de la rue Durantin tout près du quartier général Kitsuné.
[PS1. Interview réalisée par Loïc Prigent et reproduite avec l'aimable autorisation du label Kistuné].
[PS2. Gagnez des exemplaires de la compile par ici].
Laurent: Adolescents, on lisait avec avidité les playlists de groupes dans le Melody Maker et dans le NME. C’est pour ça qu’on prend à coeur de faire cette compilation chez Kitsuné, on sait le don, l’offrande que cela peut représenter. Aujourd’hui tout est accessible mais avant, on pouvait traquer un morceau trois ans avant de mettre la main dessus.
Thomas: Notre ligne de conduite a été de choisir des morceaux avec lesquels on a vécu et qui ont survécu à l’épreuve du temps.
01. Kiss : Love Theme From Kiss (1974)
LB: On reprenait ce morceau avec Thomas (Bangalter) et Guy Manuel (de Homen Christo) quand on faisait le groupe Darlin’. C’est un des trois morceaux qu’on reprenait. Vers 1993, vers nos 18 ans. Nous étions assoiffés de musique, nous vivions dans la ville Thatchérienne de Versailles.
02. Dirty Projectors: Rise Above (2007)
TM: Je me rends compte que c’est le seul morceau à peu près récent de ce disque.
LB: Tout l’album est incroyable, uniquement constitué de reprises de morceaux de Black Flag, mais sans partition, à partir de son seul souvenir ou fantasme. Un album de reprises imaginaires, j’adore l’idée.
03. The Red Crayola: Victory Garden (1968)
LB: Un morceau fondateur de notre esthétique. C’est un groupe de la scène psychédélique du Texas.
TM: C’est un mystère. On ne sait pas s’ils jouent mal ou si c’est la maîtrise absolue.
LB: Au fond, c’est la même chose jouer mal et le faire passer pour de la maîtrise absolue ou avoir la maîtrise absolue et faire croire qu’on joue mal. Pour nous c’est la découverte du style ultime, l’idée que l’on peut faire des choses autres que spontanées.
04. The Impressions: I’ve Been Trying (1964)
LB: C’est le groupe de Curtis Mayfield, un des plus grands, mais surtout ici un summum de la tendresse musicale. Je dis souvent que notre musique n’est pas assez tendre, au sens métaphysique du terme.
TM: Je n’ai jamais vu quelqu’un être aussi délicat que ce type avec sa guitare couleur crème.
LB: Nous admirons, mon frère et moi, son jeu au doigt, c’est un des rares guitaristes qui nous épatent.
05. Chris Bell: I Am The Cosmos (1978)
TM: C’est mon morceau préféré de la compilation.
LB: C’est le seul disque que j’ai volé dans ma vie. J’ai collé un autocollant “Ultra soldes” dessus pour le payer
17 francs. A la Fnac Parly 2.
TM: Les vingt premières secondes me font un effet incroyable, c’est quelque chose qui te transperce et te donne envie de tenter de le reproduire. Là, quand il chante “I am the Wind....” C’est fou, on dirait qu’il est en retard, qu’il perd pied et qu’il se rattrape de justesse à la chanson.
06. Roxy Music: Pyjamarama (1973)
TM: C’est un choix qui a été determine par le titre du morceau. On voulait un titre aussi spéctaculaire que celui-là pour notre prochain album. L’ombre de Brian Ferry a plané sur l’année qui vient de s’écouler.
LB: Dans notre selection, c’est un morceau un peu hors sujet, un peu à côté. Quand quelqu’un est bien habillé il faut toujours un détail qui détonne, quelque chose qui détruit la symétrie parfaite, comme une cravate un peu pourrie sur un costume sublime.
TM: Ou l’élément répulsif dans un parfum.
07. The 13th Floor Elevators: I Had To Tell you (1967)
LB: C’est le groupe d’un texan fou qui a fini en psychiatrie.
TM: Champignons et acide.
LB: J’imagine que la proximité du sud donne accès à des plantes inimaginables.
TM: C’est spacemen 3, un groupe que l’on adorait, qui nous a ouvert la voie sur tous les groupes psychédéliques de la fin des années 1960.
08. Elvis Costello & The Attractions: Shipbuilding (1983)
TM: Le phrasé est incroyable, le thème, tout. Dur de choisir un morceau chez lui, mais celui-ci, qu’il a écrit pour Robert Wyatt, sort du lot.
LB: C’est un morceau où tu sens, meme si tu es français, que les paroles sont fabuleuses. Je crois que ça parle de la guerre des Malouines.
TM: Il dit “pourquoi va-t-on chercher des corps au fond de la mer alors qu’on pourrait aller y chercher des perles ?”
LB: C’est sur ces villes d’armateurs au Royaume-Uni qui revivaient momentanément grâce à la guerre. Je crois que lui même dit que c’est un de ses meilleurs morceaux.
TM: Et quelle trompette!
LB: Je crois que c’est Chet Baker.
09. D’Angelo: Send It On (2000)
TM: On aurait pu prendre n’importe morceau de cet album, qui été pour nous un réel choc. LB: Comme de changer de système métrique.
TM: On a perdu un an pendant l’écriture de notre second album à cause de ce disque.
LB: Il redéfinit complètement une façon de penser le rythme, un nouvel alignement des planètes.
TM: Il n’y a plus de devant, de derrière, de grille d’accords. C’est ce qu’il y a de plus complexe à mettre
en partition. On en parlait à tout le monde.
10. Tangerine Dream: Love On A real Train (1983)
TM: Ca date de 1983, l’une des meilleures années avec 1984. Purple rain, Thriller, les Etats-Unis qui écrasent tout. J’avais sept ans.
LB: J’avais dix ans.
TM: Ce morceau vient de la bande originale de Risky Business. On le met quand les lumières s’éteignent en oncert. A une certaine note de basse on sait qu’il faut y aller.
LB: Il y a une dignité dans l’arrangement, tu sens que c’est rigoureux.
TM: C’est un morceau pour la nuit.
LB: Notre fantasme c’est ça, un album de tunnels, des morceaux à n’écouter que dans des tunnels en voiture.
TM: Sur l’A14 ou sous le tunnel de Saint Cloud.
11. Urge Overkill: Stull (Part 1) (1992)
LB: Un groupe qui a compté pour nous, crucial à une époque. Toute leur imagerie était très étudiée, ils avaient une ligne alors que tout le monde semblait empêtré dans des reprises de blues. Eux étaient uniques, avaient du panache.
TM: Et ils portaient des uniformes d’aristocrates anglais.
LB: Nous étions tous inscrits au fan club. D’ailleurs, on n’a jamais rien reçu.
12. Lô Borges: Aos Baroes (1972)
LB: Il s’agit d’un brésilien dont je ne sais que peu de chose. En vieillissant, il faut fouiller. Il y a un an, j’ai écouté des milliers de morceaux italiens pour en trouver huit bien. Ici encore, cela a été très dur à trouver, mais rien que pour cette partie de clavecin a la fin du morceau, ça en valait la peine.
TM: Ce qui est genial, c’est cette liberté dans le mélange, cette guitare très forte et fausse, parfaitement fausse.
Si tu le fais écouter dans les studios avec pignon sur rue de Paris, ils ne le valident pas.
LB: C’est un morceau de révélation,
il y a de bonnes chances pour que ce morceau chamboule quelques vies.
13. Iggy Pop & James Williamson: Master Charge (1977)
LB: Album fondateur. Encore du saxo. Iggy Pop est interné en asile et il enregistre l’album pendant ses permissions. Tout l’album est fabuleux, presque free jazz par endroits, très bizarre, les choeurs, les guitares, c’est son album le plus violent, le plus terrifiant avec ses pianos de bastringue.
14. Dennis Wilson: Lady (Falling In Love) (1970)
TM: Ce morceau n’existe même pas. C’est hallucinant qu’il soit là.
LB: Il a du y avoir un vide juridique momentané, c’est fou qu’il soit passé entre les gouttes, il était juste sorti en 45T en Angleterre, et ne figure sur aucun disque official je ne l’ai vu que sur des pirates.
TM: C’est le Beach Boys qui s’est noyé. On peut passer quatre mois à n’écouter que ça.
15. Irma Thomas: It’s Raining (1962)
LB: C’est produit par Allen Tousaint, installé à la Nouvelle Orléans dans les années 1960. J’ai longtemps été obsédé par lui, une période mono-maniaque à la limite de la maladie mentale.
16. Ritchie Valens: In A TurkishTown (1959)
TM: (plaisantant à moitié) On ne connaît rien de Ritchie Valens à part le film “La Bamba”, que j’ai vu trois fois au cinema (1987, avec Lou Diamond Phillips).
LB: C’est l’idée de l’exotisme qui nous intéresse. Il imagine une fille dans un village turc. Je trouve ça génial de faire une ballade là-dessus. Je trouve génial que la forêt “La Bamba” cache ça, cette merveille. Il y a des caps à passer, ça fait partie de toutes ces choses cachées par un premier plan ignoble, comme s’il fallait un obstacle presque infranchissable devant les plus belles choses de la vie.
17. Dusty Springfield: I Think It’s Gonna Rain Today (1965)
LB: C’est la meilleure chanteuse du monde. Une chanson de Randy Newman, école de l’excellence.
TM: Je l’ai écouté au ski... je me souviens de la neige...
18. Lour Reed: Street Hassle (1978)
TM: C’est la pièce maîtresse de la compilation. Et on a failli ne pas l’avoir.
LB: Ce genre de morceau, tu sais qu’il n’y aura peut-etre que deux bonnes occasions dans toute ta vie pour l’appécier vraiment.
TM: L’autre fois on l’a croisé (Lou reed) dans la rue à New York, il était avec deux moines bouddhistes, il était parfait.
LB: Voilà. C’est ce qu’on écoute. Ce sont des petits trésors qui ont eu sur nous un énorme pouvoir de stupéfaction.
TM: Cette compilation, on l’a faite pour nous, de façon égoïste, c’est pour notre voiture au moment de partir.
LB: C’est la démonstration du pouvoir d’alchimie de la musique, on appuie sur un bouton et ça libère des hormones ou je ne sais quoi, ce pouvoir de changer jusqu’à ce qu’on a dans le sang.
Kitsuné donne carte blanche aux garçons du groupe Phoenix pour une compilation événement de raretés qui ont changé leur vie. Voici donc le disque le plus sentimental et mélodique jamais sorti chez Kitsuné, sans doute aussi le plus érudit et le plus antique avec des perles qui datent des années 50. Un disque comme un cadeau musical élégant de l’un des plus grands groupes français en prémices de la sortie de leur nouvel album Wolfgang Amadeus Phoenix le 25 mai. Thomas Mars (TM) et Laurent Brancowitz (LB) expliquent leurs choix très précis en écoutant la compilation dans un café de la rue Durantin tout près du quartier général Kitsuné.
[PS1. Interview réalisée par Loïc Prigent et reproduite avec l'aimable autorisation du label Kistuné].
[PS2. Gagnez des exemplaires de la compile par ici].
Laurent: Adolescents, on lisait avec avidité les playlists de groupes dans le Melody Maker et dans le NME. C’est pour ça qu’on prend à coeur de faire cette compilation chez Kitsuné, on sait le don, l’offrande que cela peut représenter. Aujourd’hui tout est accessible mais avant, on pouvait traquer un morceau trois ans avant de mettre la main dessus.
Thomas: Notre ligne de conduite a été de choisir des morceaux avec lesquels on a vécu et qui ont survécu à l’épreuve du temps.
01. Kiss : Love Theme From Kiss (1974)
LB: On reprenait ce morceau avec Thomas (Bangalter) et Guy Manuel (de Homen Christo) quand on faisait le groupe Darlin’. C’est un des trois morceaux qu’on reprenait. Vers 1993, vers nos 18 ans. Nous étions assoiffés de musique, nous vivions dans la ville Thatchérienne de Versailles.
02. Dirty Projectors: Rise Above (2007)
TM: Je me rends compte que c’est le seul morceau à peu près récent de ce disque.
LB: Tout l’album est incroyable, uniquement constitué de reprises de morceaux de Black Flag, mais sans partition, à partir de son seul souvenir ou fantasme. Un album de reprises imaginaires, j’adore l’idée.
03. The Red Crayola: Victory Garden (1968)
LB: Un morceau fondateur de notre esthétique. C’est un groupe de la scène psychédélique du Texas.
TM: C’est un mystère. On ne sait pas s’ils jouent mal ou si c’est la maîtrise absolue.
LB: Au fond, c’est la même chose jouer mal et le faire passer pour de la maîtrise absolue ou avoir la maîtrise absolue et faire croire qu’on joue mal. Pour nous c’est la découverte du style ultime, l’idée que l’on peut faire des choses autres que spontanées.
04. The Impressions: I’ve Been Trying (1964)
LB: C’est le groupe de Curtis Mayfield, un des plus grands, mais surtout ici un summum de la tendresse musicale. Je dis souvent que notre musique n’est pas assez tendre, au sens métaphysique du terme.
TM: Je n’ai jamais vu quelqu’un être aussi délicat que ce type avec sa guitare couleur crème.
LB: Nous admirons, mon frère et moi, son jeu au doigt, c’est un des rares guitaristes qui nous épatent.
05. Chris Bell: I Am The Cosmos (1978)
TM: C’est mon morceau préféré de la compilation.
LB: C’est le seul disque que j’ai volé dans ma vie. J’ai collé un autocollant “Ultra soldes” dessus pour le payer
17 francs. A la Fnac Parly 2.
TM: Les vingt premières secondes me font un effet incroyable, c’est quelque chose qui te transperce et te donne envie de tenter de le reproduire. Là, quand il chante “I am the Wind....” C’est fou, on dirait qu’il est en retard, qu’il perd pied et qu’il se rattrape de justesse à la chanson.
06. Roxy Music: Pyjamarama (1973)
TM: C’est un choix qui a été determine par le titre du morceau. On voulait un titre aussi spéctaculaire que celui-là pour notre prochain album. L’ombre de Brian Ferry a plané sur l’année qui vient de s’écouler.
LB: Dans notre selection, c’est un morceau un peu hors sujet, un peu à côté. Quand quelqu’un est bien habillé il faut toujours un détail qui détonne, quelque chose qui détruit la symétrie parfaite, comme une cravate un peu pourrie sur un costume sublime.
TM: Ou l’élément répulsif dans un parfum.
07. The 13th Floor Elevators: I Had To Tell you (1967)
LB: C’est le groupe d’un texan fou qui a fini en psychiatrie.
TM: Champignons et acide.
LB: J’imagine que la proximité du sud donne accès à des plantes inimaginables.
TM: C’est spacemen 3, un groupe que l’on adorait, qui nous a ouvert la voie sur tous les groupes psychédéliques de la fin des années 1960.
08. Elvis Costello & The Attractions: Shipbuilding (1983)
TM: Le phrasé est incroyable, le thème, tout. Dur de choisir un morceau chez lui, mais celui-ci, qu’il a écrit pour Robert Wyatt, sort du lot.
LB: C’est un morceau où tu sens, meme si tu es français, que les paroles sont fabuleuses. Je crois que ça parle de la guerre des Malouines.
TM: Il dit “pourquoi va-t-on chercher des corps au fond de la mer alors qu’on pourrait aller y chercher des perles ?”
LB: C’est sur ces villes d’armateurs au Royaume-Uni qui revivaient momentanément grâce à la guerre. Je crois que lui même dit que c’est un de ses meilleurs morceaux.
TM: Et quelle trompette!
LB: Je crois que c’est Chet Baker.
09. D’Angelo: Send It On (2000)
TM: On aurait pu prendre n’importe morceau de cet album, qui été pour nous un réel choc. LB: Comme de changer de système métrique.
TM: On a perdu un an pendant l’écriture de notre second album à cause de ce disque.
LB: Il redéfinit complètement une façon de penser le rythme, un nouvel alignement des planètes.
TM: Il n’y a plus de devant, de derrière, de grille d’accords. C’est ce qu’il y a de plus complexe à mettre
en partition. On en parlait à tout le monde.
10. Tangerine Dream: Love On A real Train (1983)
TM: Ca date de 1983, l’une des meilleures années avec 1984. Purple rain, Thriller, les Etats-Unis qui écrasent tout. J’avais sept ans.
LB: J’avais dix ans.
TM: Ce morceau vient de la bande originale de Risky Business. On le met quand les lumières s’éteignent en oncert. A une certaine note de basse on sait qu’il faut y aller.
LB: Il y a une dignité dans l’arrangement, tu sens que c’est rigoureux.
TM: C’est un morceau pour la nuit.
LB: Notre fantasme c’est ça, un album de tunnels, des morceaux à n’écouter que dans des tunnels en voiture.
TM: Sur l’A14 ou sous le tunnel de Saint Cloud.
11. Urge Overkill: Stull (Part 1) (1992)
LB: Un groupe qui a compté pour nous, crucial à une époque. Toute leur imagerie était très étudiée, ils avaient une ligne alors que tout le monde semblait empêtré dans des reprises de blues. Eux étaient uniques, avaient du panache.
TM: Et ils portaient des uniformes d’aristocrates anglais.
LB: Nous étions tous inscrits au fan club. D’ailleurs, on n’a jamais rien reçu.
12. Lô Borges: Aos Baroes (1972)
LB: Il s’agit d’un brésilien dont je ne sais que peu de chose. En vieillissant, il faut fouiller. Il y a un an, j’ai écouté des milliers de morceaux italiens pour en trouver huit bien. Ici encore, cela a été très dur à trouver, mais rien que pour cette partie de clavecin a la fin du morceau, ça en valait la peine.
TM: Ce qui est genial, c’est cette liberté dans le mélange, cette guitare très forte et fausse, parfaitement fausse.
Si tu le fais écouter dans les studios avec pignon sur rue de Paris, ils ne le valident pas.
LB: C’est un morceau de révélation,
il y a de bonnes chances pour que ce morceau chamboule quelques vies.
13. Iggy Pop & James Williamson: Master Charge (1977)
LB: Album fondateur. Encore du saxo. Iggy Pop est interné en asile et il enregistre l’album pendant ses permissions. Tout l’album est fabuleux, presque free jazz par endroits, très bizarre, les choeurs, les guitares, c’est son album le plus violent, le plus terrifiant avec ses pianos de bastringue.
14. Dennis Wilson: Lady (Falling In Love) (1970)
TM: Ce morceau n’existe même pas. C’est hallucinant qu’il soit là.
LB: Il a du y avoir un vide juridique momentané, c’est fou qu’il soit passé entre les gouttes, il était juste sorti en 45T en Angleterre, et ne figure sur aucun disque official je ne l’ai vu que sur des pirates.
TM: C’est le Beach Boys qui s’est noyé. On peut passer quatre mois à n’écouter que ça.
15. Irma Thomas: It’s Raining (1962)
LB: C’est produit par Allen Tousaint, installé à la Nouvelle Orléans dans les années 1960. J’ai longtemps été obsédé par lui, une période mono-maniaque à la limite de la maladie mentale.
16. Ritchie Valens: In A TurkishTown (1959)
TM: (plaisantant à moitié) On ne connaît rien de Ritchie Valens à part le film “La Bamba”, que j’ai vu trois fois au cinema (1987, avec Lou Diamond Phillips).
LB: C’est l’idée de l’exotisme qui nous intéresse. Il imagine une fille dans un village turc. Je trouve ça génial de faire une ballade là-dessus. Je trouve génial que la forêt “La Bamba” cache ça, cette merveille. Il y a des caps à passer, ça fait partie de toutes ces choses cachées par un premier plan ignoble, comme s’il fallait un obstacle presque infranchissable devant les plus belles choses de la vie.
17. Dusty Springfield: I Think It’s Gonna Rain Today (1965)
LB: C’est la meilleure chanteuse du monde. Une chanson de Randy Newman, école de l’excellence.
TM: Je l’ai écouté au ski... je me souviens de la neige...
18. Lour Reed: Street Hassle (1978)
TM: C’est la pièce maîtresse de la compilation. Et on a failli ne pas l’avoir.
LB: Ce genre de morceau, tu sais qu’il n’y aura peut-etre que deux bonnes occasions dans toute ta vie pour l’appécier vraiment.
TM: L’autre fois on l’a croisé (Lou reed) dans la rue à New York, il était avec deux moines bouddhistes, il était parfait.
LB: Voilà. C’est ce qu’on écoute. Ce sont des petits trésors qui ont eu sur nous un énorme pouvoir de stupéfaction.
TM: Cette compilation, on l’a faite pour nous, de façon égoïste, c’est pour notre voiture au moment de partir.
LB: C’est la démonstration du pouvoir d’alchimie de la musique, on appuie sur un bouton et ça libère des hormones ou je ne sais quoi, ce pouvoir de changer jusqu’à ce qu’on a dans le sang.