LCD Soundsystem de LCD Soundsystem
chronique d'album
Un peu plus d'un an après le ratage (compte tenu du potentiel originel du groupe et du revival post-punk en cours) du Echoes de The Rapture, ses producteurs se lancent à leur tour dans le grand bain de l'album. Losing My Edge/Beat Connection en 2002 et Yeah en 2004, avec l'anecdotique Give It Up entre les deux, nous avaient mis l'eau à la bouche, imparables pour danser crétin, tout sourire (Losing My Edge se fait l'écho du calvaire du "trainspotter" pour mieux l'exorciser) mais la bave aux lèvres. Ces trois singles en trois ans, édités systématiquement en vinyle dans un premier temps, sont rassemblés ici sur un second Cd. Édition limitée ou pas, voilà bien une idée absurde qui laisse orphelins, au nom d'une attitude punk mal comprise, les neuf titres offerts à nos oreilles. Exception faite du fantastique Tribulations (et sa production pour le coup vraiment limite sans que l'auditeur trouve à y redire) et d'un Disco Infiltrator en forme de manifeste, le résultat est pour le moins décevant, voire médiocre. Une fois bien négocié le clin d'oeil de Daft Punk Is Playing At My House en ouverture, tout ça oscille entre velléités (ce Too Much Love très, bâillement, Liquid Liquid) et le vide (Never As Tired, à la Beatles de Dear Prudence, ou comment réinventer l'eau chaude, ici très tiède...) avec comme valeur plancher ce Movement choisi en premier extrait pour attirer le chaland séduit par les guitares des Stooges et le phrasé de Mark E. Smith de The Fall : un rêve qui tourne vite au cauchemar. Après une telle faillite de la part de l'Anglais Tim "Stan Laurel" Goldsworthy, ex-UNKLE, et de l'américain James "Oliver Hardy" Murphy, il ne reste plus qu'à espérer quelque prochain sursaut sur format court ou bien le retour imminent de Daft Punk.