Biographie
Ils ont des voix de boy scouts et des barbes de d’hommes de Cro-magnon. Portent des chemises de bûcherons et s'extasient devant les grandeurs de l'architecture française. Ont la trentaine ou dix printemps de moins. Ont des parents musiciens ou ont fréquenté une école militaire. Et comptent parmi les espoirs de 2008 mais s'adonnent à des pratiques musicales ancestrales. Ces Fleet Foxes sont vraiment curieux. Christian Wargo, qui assure guitare, basse et chant au sein du quintette, est d'une décennie l'aîné du barbu nommé Robin Pecknold. Il s'en cacherait volontiers, mais il est le personnage central de l’aventure. Il y a deux ans, en 2006, il a monté ce groupe à Seattle avec Skye Skjelset, son meilleur ami. Il flotte un parfum libertaire au sein de cette bande pourtant responsable d'un des albums les plus conservateurs de ce premier semestre 2008. Un disque inaugural éponyme enraciné dans une tradition américaine que ses instigateurs ont à cœur de perpétuer, et où triomphent les liens du sang : “Mon père est musicien. Il avait un groupe quand il était ado, et a joué de la basse sur quelques disques des années 70 et 80. Il écrivait aussi ses propres chansons”, confesse Robin. Biberonné à Crosby, Stills & Nash ou Steely Dan (sa sœur se prénomme même Aja, du nom d'un album de ces derniers), ce jeune homme discret et végétarien paraît parfaitement épanoui au sein de sa nouvelle fratrie sonique, dont les valeurs se confondent avec les siennes. Chantres d’une pureté retrouvée où toute forme de pose est proscrite, les cinq compères ont à cœur d’offrir à leur public des ritournelles aux harmonies complexes mais à la beauté simple.