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Biographie

Un drôle de cas que celui d’Erik Arnaud, ancien guitariste du groupe tourangeau Mister Butterfly. Révélation stupéfiante de l’année 1998 avec un album mémorable et un rien provocateur, © 1998 Amerik, Arnaud Chochoy (le patronyme figurant sur la carte d’identité de ce Nordiste) se pose alors comme l’héritier de Gérard Manset, version lo-fi. L’influence de Pavement, Sebadoh ou Swell se fait déjà entendre. Fort d’un accueil critique dithyrambique (première interview jamais donnée à cette revue), Arnaud choisit de quitter Aliénor, le label bordelais qui l’a fait connaître, pour rejoindre la grande maison Virgin, via sa structure de développement Labels. Bénéficiant de moyens plus conséquents, il part enregistrer son deuxième Lp à San Francisco, sous la houlette d’un certain Monte Vallier (la moitié de… Swell). Le résultat s’intitule Comment Je Vis (2002), disque déceptif qui ne transforme pas entièrement toutes les promesses inaugurales. La faute à un manque évident de direction artistique chez Labels, qui jette l’éponge sitôt passée une trop courte tournée d’Erik Arnaud. Cette expérience, forcément amère, lui inspirera Moby & Moi, une chanson sarcastique qui commence ainsi : “Je m’appelle Richard Cordoba/Et Moby m’a payé mon disque/J’en ai vendu 233/Et c’est grâce à lui si j’insiste”. Fait est, Arnaud enregistre une huitaine de démos convaincantes (Moby & Moi, donc, Combat, Tourmalet, etc.) et assure des premières parties remarquées de Florent Marchet, en 2005. Fort logiquement, leur amitié débouche sur une association de bienfaiteurs, qui signe à quatre mains la brillante réalisation de Rio Baril. À cette occasion, Erik Arnaud a gagné ses galons d’ingénieur du son. Gageons que, dix ans après “J'emmerde la chanson française”, l’homme n’ait pas perdu sa foi.