Depuis le milieu des
années 90, la petite pointe d’excitation qui précède encore la sortie d’un
nouvel enregistrement de Depeche Mode ne peut relever que de la fidélité
nostalgique à la grandeur passée d’une formation majeure. Au-delà même de ce
sentiment honorable, et même si la lucidité imposait de reconnaître que
l’apogée créative du groupe était bien passée depuis longtemps, chaque album
possédait jusqu’à présent un petit élément neuf et inattendu suffisant pour
entretenir le désir et la flamme : le dépouillement inédit d’Exciter
(2001), les crédits de songwriting partagés entre Dave Gahan et Martin Gore
pour Playing The Angel (2005).
Surtout, chaque album se présentait garni d’une poignée de tubes (Dream On pour le premier, Precious pour le second) susceptible de retarder l’inévitable prise de conscience du déclin. Avec Sounds Of The Universe, Depeche Mode revient pour la première fois les mains à moitié vides et non à demi-pleines. Non pas que les treize titres qui le composent soient dépourvus de tout mérite : Fragile Tension ou Little Soul sont de bien jolies chansons (très supérieures au single faiblard Wrong) et Jezebel, enfin interprétée par Gore, bouleverse franchement. Marqué par le retour en force des guitares, ce nouvel Lp reste cependant imprégné d’une esthétique tellement balisée qu’il devient impossible de l’écouter sans se livrer au jeu des correspondances autoréférencées.
Tant et si bien que l’on finit par se lasser de chercher en vain LE grand titre qui ne résonnerait pas comme un avatar chétif de l’un ou l’autre de ses aînés. Au terme de cette quête désespérée, on se résigne donc à accepter la triste vérité : Sounds Of The Universe semble essentiellement conçu pour servir de prétexte à une tournée mondiale ritualisée au cours de laquelle les plus ardents supporters du trio attendront patiemment qu’il ait fini de jouer les nouveaux morceaux pour s’enthousiasmer frénétiquement au son de Just Can’t Get Enough.
Surtout, chaque album se présentait garni d’une poignée de tubes (Dream On pour le premier, Precious pour le second) susceptible de retarder l’inévitable prise de conscience du déclin. Avec Sounds Of The Universe, Depeche Mode revient pour la première fois les mains à moitié vides et non à demi-pleines. Non pas que les treize titres qui le composent soient dépourvus de tout mérite : Fragile Tension ou Little Soul sont de bien jolies chansons (très supérieures au single faiblard Wrong) et Jezebel, enfin interprétée par Gore, bouleverse franchement. Marqué par le retour en force des guitares, ce nouvel Lp reste cependant imprégné d’une esthétique tellement balisée qu’il devient impossible de l’écouter sans se livrer au jeu des correspondances autoréférencées.
Tant et si bien que l’on finit par se lasser de chercher en vain LE grand titre qui ne résonnerait pas comme un avatar chétif de l’un ou l’autre de ses aînés. Au terme de cette quête désespérée, on se résigne donc à accepter la triste vérité : Sounds Of The Universe semble essentiellement conçu pour servir de prétexte à une tournée mondiale ritualisée au cours de laquelle les plus ardents supporters du trio attendront patiemment qu’il ait fini de jouer les nouveaux morceaux pour s’enthousiasmer frénétiquement au son de Just Can’t Get Enough.
2 réactions réagir
N'importe quoi !
après la déception de la première écoute, on découvre au fur et à mesure un disque ambitieux; l'absence de tube ne veux pas dire grand chose, mais on percoit malgré tout le poids des ans qui pèse désormais sur leurs épaules