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Album oublié - 05/07/10 de Panda Bear
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Alors qu'il ne faut plus attendre tant que ça avant d'entendre Tomboy, le nouveau single de Panda Bear, retour circonstancié sur le premier album du Lisboète d'adoption, récemment papa pour la deuxième fois, soit dit en passant. [Par Jean-François Le Puil].
LE CONTEXTE
Fin de la décennie 90. En amont, Daft Punk avec Homework (1997) et Radiohead avec OK Computer (1997) ont redéfini les contours de leur discipline. À l’international, les groupes unisexes s’exhibent et les rebelles émotifs du métal alternatif plastronnent. L’écho du tintamarre britpop se perd au loin, Beck et Björk sont les artistes les plus cool de l’univers, le rock’n’roll des familles est loin d’anticiper le retour de flammes (malgré les efforts de l’increvable allume-feu Jon Spencer), et la pop interstellaire est en cours de triptyque mirifique (Mercury Rev et The Flaming Lips attendent Grandaddy). À la marge étasunienne, le collectif Elephant 6 vit ses plus belles heures de détraquement, Tortoise rend l’auditeur intelligent, et Bonnie ‘Prince’ Billy devient artisan chef de la musique en bois.
L’ARTISTE
Parce que Noah Lennox aime dessiner le plus chaton de tous les animaux en voie de disparition sur ses premières démos, il s’appellera Panda Bear. Mais avant de se mettre à créer, Noah grandit sagement à Baltimore, Maryland, avec son père, sa mère, un frère et une sœur. Après qu’un “trou du cul” de prof de piano stakhanoviste l’ait un temps détourné de son instrument premier, Noah empoigne le violoncelle avant ses dix ans. Haut comme trois pommes, il joue dans un orchestre et chante dans une chorale, fier d’être l’un des rares petiots à être étiquetés ténor. Au bout de cet apprentissage, Noah s’initie à la musique électronique après avoir découvert U.F.Orb (1992) de The Orb, via un CD laissé en plan par l’ancien occupant de sa chambre d’interne au lycée. Aphex Twin sera le premier héros du genre machinal à obnubiler le musicien en herbe.
L’ALBUM
Enregistré en 1997 et 1998 sur deux 8-pistes (un Tascam 488 doublé d’un Alesis ADAT) avec une poignée d’instruments (synthés Roland 303 et Korg 0/1, guitares, piano, violoncelle), l’effort inaugural étaye en partie ladite passion pour l’ambient et l’electronica avec une candeur aussi maladroite qu’impeccable. Même si les bleeps grossièrement warpiens éclatent comme du pop corn, une voix (déjà) carabinée imprègne la singerie d’une aura singulière. Par une étrange culbute du temps et des réalités, on croit aussi percevoir un Tarwater prépubère, un Go Kart Mozart en culotte courte (la frénésie des synthés, les cliquetis burlesques, et le chant détaché sur Fire!), ou les miniatures electropop appelées à proliférer (le carénage techno lo-fi mêlé à la mélodie facile de We Built A Robot). Mais c’est évidemment à l’orée des efforts suivants de Panda Bear que ce disque à édition très limitée interpelle. On y déniche l’acoustique qui dévastera de pureté mystique Young Prayer cinq ans plus tard (O Please Bring Her Back), les penchants dépressifs – hérités d’une mère pas super bien lunée – qui sourdent du personnage public (A Lover Once), ou le goût pour le détournement exotique qui consacrera Person Pitch en 2007 (Ohne Titel). Telle l’antichambre qui conduit au labo créatif d’un artiste en passe de devenir primordial. Comme le brouillon où sont raturées les envies versatiles d’un jeune garçon qui tricote ses marottes du moment tout en polissant ses vertus futures. Comme si le cerveau de Brian Wilson, Syd Barrett ou Brian Eno avait fait gicler avant l’heure les bribes de Cuckoo Clock, Astronomy Domine ou Baby’s On Fire.
ET EUX PENDANT CE TEMPS-LÀ…
Ils tournent au LSD ! Oui, si Panda trifouillait déjà allègrement en solitaire avant l’émergence officielle d’Animal Collective, ses trois comparses Dave Portner (alias Avey Tare), Brian Weitz (Geologist), et Josh Dibb (Deakin) ont profité de leur voisinage sur les bancs d’un lycée privé de Baltimore pour se dérider les sens en cachetonnant au sein d’Automine, un groupe éphémère formé avec l’autre camarade Brendan Fowler (alias BARR). Si l’on en juge par les quelques démos entubées ici ou là, la formation relevait plus du tribute band à Pavement que du gang avant-gardiste qui se collectivisera plus sérieusement lors de retrouvailles estivales à New York, en 2000.
LA SUITE
En lisant ces modestes lignes, vous êtes peut-être en train d’écouter Tomboy, le nouveau single de Panda Bear qui paraît cet été en attendant le LP à l’automne. Plus d’une décennie après sa sortie, le troisième successeur de notre album oublié est l’une des œuvres les plus attendues de l’année. Mais malgré l’agitation et la dimension prise par Animal Collective, il sera “modestement” édité par Paw Tracks, dont l’ancêtre originel n’est autre que Soccer Star Records, la maison d’accueil créée spécialement par Noah Lennox et son plus vieil ami Josh Dibb afin de sortir artisanalement Panda Bear. Quand on vous dit que dans ces quatorze chansons qui ne paient pas de mine, se niche une partie de la genèse.
Panda Bear - O Please Bring Her Back by Magicrpm
Panda Bear - Fire! by Magicrpm
Panda Bear - A Lover Once Can No Longer Now Be by Magicrpm
Panda Bear - We Built A Robot by Magicrpm
LE CONTEXTE
Fin de la décennie 90. En amont, Daft Punk avec Homework (1997) et Radiohead avec OK Computer (1997) ont redéfini les contours de leur discipline. À l’international, les groupes unisexes s’exhibent et les rebelles émotifs du métal alternatif plastronnent. L’écho du tintamarre britpop se perd au loin, Beck et Björk sont les artistes les plus cool de l’univers, le rock’n’roll des familles est loin d’anticiper le retour de flammes (malgré les efforts de l’increvable allume-feu Jon Spencer), et la pop interstellaire est en cours de triptyque mirifique (Mercury Rev et The Flaming Lips attendent Grandaddy). À la marge étasunienne, le collectif Elephant 6 vit ses plus belles heures de détraquement, Tortoise rend l’auditeur intelligent, et Bonnie ‘Prince’ Billy devient artisan chef de la musique en bois.
L’ARTISTE
Parce que Noah Lennox aime dessiner le plus chaton de tous les animaux en voie de disparition sur ses premières démos, il s’appellera Panda Bear. Mais avant de se mettre à créer, Noah grandit sagement à Baltimore, Maryland, avec son père, sa mère, un frère et une sœur. Après qu’un “trou du cul” de prof de piano stakhanoviste l’ait un temps détourné de son instrument premier, Noah empoigne le violoncelle avant ses dix ans. Haut comme trois pommes, il joue dans un orchestre et chante dans une chorale, fier d’être l’un des rares petiots à être étiquetés ténor. Au bout de cet apprentissage, Noah s’initie à la musique électronique après avoir découvert U.F.Orb (1992) de The Orb, via un CD laissé en plan par l’ancien occupant de sa chambre d’interne au lycée. Aphex Twin sera le premier héros du genre machinal à obnubiler le musicien en herbe.
L’ALBUM
Enregistré en 1997 et 1998 sur deux 8-pistes (un Tascam 488 doublé d’un Alesis ADAT) avec une poignée d’instruments (synthés Roland 303 et Korg 0/1, guitares, piano, violoncelle), l’effort inaugural étaye en partie ladite passion pour l’ambient et l’electronica avec une candeur aussi maladroite qu’impeccable. Même si les bleeps grossièrement warpiens éclatent comme du pop corn, une voix (déjà) carabinée imprègne la singerie d’une aura singulière. Par une étrange culbute du temps et des réalités, on croit aussi percevoir un Tarwater prépubère, un Go Kart Mozart en culotte courte (la frénésie des synthés, les cliquetis burlesques, et le chant détaché sur Fire!), ou les miniatures electropop appelées à proliférer (le carénage techno lo-fi mêlé à la mélodie facile de We Built A Robot). Mais c’est évidemment à l’orée des efforts suivants de Panda Bear que ce disque à édition très limitée interpelle. On y déniche l’acoustique qui dévastera de pureté mystique Young Prayer cinq ans plus tard (O Please Bring Her Back), les penchants dépressifs – hérités d’une mère pas super bien lunée – qui sourdent du personnage public (A Lover Once), ou le goût pour le détournement exotique qui consacrera Person Pitch en 2007 (Ohne Titel). Telle l’antichambre qui conduit au labo créatif d’un artiste en passe de devenir primordial. Comme le brouillon où sont raturées les envies versatiles d’un jeune garçon qui tricote ses marottes du moment tout en polissant ses vertus futures. Comme si le cerveau de Brian Wilson, Syd Barrett ou Brian Eno avait fait gicler avant l’heure les bribes de Cuckoo Clock, Astronomy Domine ou Baby’s On Fire.
ET EUX PENDANT CE TEMPS-LÀ…
Ils tournent au LSD ! Oui, si Panda trifouillait déjà allègrement en solitaire avant l’émergence officielle d’Animal Collective, ses trois comparses Dave Portner (alias Avey Tare), Brian Weitz (Geologist), et Josh Dibb (Deakin) ont profité de leur voisinage sur les bancs d’un lycée privé de Baltimore pour se dérider les sens en cachetonnant au sein d’Automine, un groupe éphémère formé avec l’autre camarade Brendan Fowler (alias BARR). Si l’on en juge par les quelques démos entubées ici ou là, la formation relevait plus du tribute band à Pavement que du gang avant-gardiste qui se collectivisera plus sérieusement lors de retrouvailles estivales à New York, en 2000.
LA SUITE
En lisant ces modestes lignes, vous êtes peut-être en train d’écouter Tomboy, le nouveau single de Panda Bear qui paraît cet été en attendant le LP à l’automne. Plus d’une décennie après sa sortie, le troisième successeur de notre album oublié est l’une des œuvres les plus attendues de l’année. Mais malgré l’agitation et la dimension prise par Animal Collective, il sera “modestement” édité par Paw Tracks, dont l’ancêtre originel n’est autre que Soccer Star Records, la maison d’accueil créée spécialement par Noah Lennox et son plus vieil ami Josh Dibb afin de sortir artisanalement Panda Bear. Quand on vous dit que dans ces quatorze chansons qui ne paient pas de mine, se niche une partie de la genèse.
Panda Bear - O Please Bring Her Back by Magicrpm
Panda Bear - Fire! by Magicrpm
Panda Bear - A Lover Once Can No Longer Now Be by Magicrpm
Panda Bear - We Built A Robot by Magicrpm