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Sea Voids de Pontiak

chronique d'album
Le boulanger Poilâne vient de mourir, mais son concept de rétro-innovation aura fait florès. Prendre un usage ancien, le concocter de façon contemporaine afin de tirer le meilleur des deux. Cela pourrait être aussi la définition de Pontiak, l’un des chefs de file américain du renouveau psychédélique, avec Arbouretum, voisin de label et coauteur d’un split-album partagé (Kale, 2008). Et cette musique possède autant d’envergure que le laisse supposer le nom du groupe. Avec Pontiak, on pourrait même dire qu’il est question d’une mécanique bien huilée.

Sea Voids est encore plus heavy que les précédents disques des trois frères Carney, avec une poignée de titres aux tempi écrasés (One Ton One Kilo parle de lui-même). Les musiciens n’hésitent pas à baisser l’accordage de leur lutherie jusqu’au si, en quête d’une rythmique grave et rampante, selon le modèle proposé par Tommy Iommi et Guzer Butler à l’aube des années 70. Mais si les cheveux sont gras, les barbes hirsutes et les pulls en laine, on est loin des sonorités clinquantes de la new-wave of british heavy metal… Et on ne flirte pas davantage avec les productions conceptuelles des géniaux escrocs de Sunn O))) ou de Boris.

Pontiak affectionne davantage la taule rafistolée que les machines sorties d’usine. Il est clair que l’empilement chirurgical de pistes de guitare ne correspond pas à leur mode de travail. Le groupe, qui questionne indirectement le vide de l’existence, a enregistré ce quatrième Lp à l’ancienne, autrement dit dans sa cave avec quelques micros d’ambiance. Au détour de quelques passages folk acoustiques du meilleur effet (Life And Coral, It’s The Life), on serait face à une sorte de cousin bâtard de Grandaddy.
Gérôme Guibert
MAGIC RPM  #139
article extrait de :
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